Sport et TDAH : ce que montrent vraiment les recherches
Le sport peut soutenir certaines fonctions exécutives, surtout juste après l’effort. Chez les jeunes comme chez les adultes, les résultats restent variables.

Ce que le sport peut changer
Les recherches distinguent l’effet d’une séance et celui d’un entraînement suivi pendant plusieurs semaines. Chez les personnes avec un TDAH, les résultats les plus réguliers concernent certaines fonctions exécutives : freiner une réponse impulsive, garder une information en tête ou passer d’une consigne à une autre. Les effets sur l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité sont moins constants.
Le sport reste aussi utile sans effet mesurable sur le TDAH : il soutient la condition physique, le sommeil, le bien-être psychique et la santé cardiovasculaire.
Chez les jeunes, des résultats encourageants mais fragiles
Une revue publiée en 2024 a regroupé 18 études et 627 enfants ou adolescents. Les programmes duraient généralement de trois à douze semaines. Les auteurs ont observé des progrès sur l’inattention, les fonctions exécutives et la condition physique. Mais seule la moitié des études était jugée de haute qualité.
Une analyse de 2026 portant sur 19 essais et 845 jeunes confirme cette prudence. Les exercices de coordination semblent intéressants pour le contrôle inhibiteur, tandis que les résultats sur la mémoire de travail et la flexibilité cognitive varient fortement. Un essai de 2024 mené auprès de 49 enfants n’a trouvé presque aucune différence entre deux programmes sportifs ludiques et un groupe témoin.
Aucun sport ne peut donc être présenté comme « le meilleur pour le TDAH ».
Chez les adultes, surtout un effet juste après l’effort
Une méta-analyse publiée en 2026 a recensé 14 études chez l’adulte. Une séance ponctuelle était associée à une amélioration modérée du contrôle inhibiteur et à un petit effet sur les manifestations centrales du TDAH. Les résultats des programmes suivis pendant plusieurs semaines étaient mélangés.
Bouger avant une tâche exigeante peut aider certaines personnes à se sentir plus disponibles. Les données actuelles ne permettent pas de promettre un effet durable.
Choisir une activité qui survivra au mardi soir
Le programme parfait sur le papier ne sert à rien s’il est trop compliqué à commencer. Une activité plaisante, proche, prévue à heure fixe ou partagée avec quelqu’un a davantage de chances de tenir.
Préparer les affaires à l’avance évite une décision de plus. Une version courte — dix minutes de marche, quelques exercices, un petit trajet à vélo — permet de garder le rendez-vous les jours difficiles. Pour les enfants, le jeu, la variété, la sécurité et des consignes brèves comptent davantage que la performance.
Les repères suisses
Pour les 5 à 17 ans, la recommandation générale est d’au moins une heure d’activité physique par jour. Pour les adultes : 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine, ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue, avec du renforcement musculaire au moins deux fois par semaine.
Ces chiffres sont des repères de santé publique, pas une prescription liée au TDAH. Le sport peut compléter les soutiens déjà en place ; il ne remplace pas une évaluation ou un suivi professionnel. En cas de problème de santé, de douleur ou de reprise après une longue période d’inactivité, l’activité doit être adaptée avec un professionnel de santé.