TDAH et ménopause : ce que les nouvelles études commencent à montrer

22.07.2026

Une étude publiée en juillet 2026 décrit les difficultés cognitives et émotionnelles vécues pendant la périménopause par des femmes ayant un TDAH. Voici ce que l’on sait — et ce qui reste encore à démontrer.

Une étude publiée le 17 juillet 2026 apporte un nouvel éclairage sur la périménopause chez les femmes ayant un TDAH. Ses conclusions ne prouvent pas encore un lien hormonal direct, mais elles confirment une difficulté souvent rapportée : à l’approche de la ménopause, les problèmes d’attention, de mémoire et de régulation émotionnelle peuvent devenir plus difficiles à gérer.

Les chercheurs ont interrogé 19 femmes avec un TDAH vivant en Irlande ou au Royaume-Uni. Toutes ont décrit une dégradation de certaines fonctions exécutives : oublis plus fréquents, perte d’organisation, brouillard mental, fatigue et difficultés à accomplir des tâches auparavant maîtrisées. Plusieurs ont aussi signalé une anxiété nouvelle ou une plus forte instabilité émotionnelle.

Une femme s’apprête à sortir, ses clés à la main, devant un sac ouvert posé sur un banc d’entrée et un calendrier accroché au mur

Cette enquête est de petite taille et repose sur des témoignages. Elle ne permet donc pas de mesurer la fréquence du phénomène ni d’affirmer que les variations hormonales en sont directement responsables. Son intérêt est ailleurs : elle décrit précisément une expérience encore peu prise en compte dans les parcours de soins.

Ces observations prolongent une étude de cohorte publiée en 2025. Parmi 535 femmes déclarant un TDAH, 54,2 % présentaient des symptômes périménopausiques considérés comme sévères, contre 30,1 % parmi 4 857 femmes sans TDAH. L’écart concernait les symptômes psychologiques, physiques et génito-urinaires. Il était particulièrement marqué entre 35 et 39 ans.

Le diagnostic de TDAH était autodéclaré et les chercheurs ont mesuré des symptômes, pas l’âge biologique de la ménopause. Dire que les femmes avec un TDAH deviennent nécessairement ménopausées plus tôt serait donc excessif. Les données indiquent plutôt qu’elles peuvent ressentir des difficultés importantes à un âge plus jeune.

Une explication possible concerne les œstrogènes. Leurs fluctuations pourraient modifier certains systèmes cérébraux liés à la dopamine, qui joue un rôle dans l’attention et la motivation. Cette piste est plausible, mais les recherches restent trop limitées pour établir un mécanisme certain.

Le chevauchement des symptômes complique le diagnostic. Troubles du sommeil, oublis, irritabilité et difficultés de concentration peuvent relever de la périménopause, du TDAH, d’une dépression ou de plusieurs facteurs à la fois.

Chez certaines femmes, la transition hormonale pourrait rendre plus visible un TDAH ancien jusque-là compensé. En revanche, des problèmes d’attention apparus uniquement à la quarantaine ne suffisent pas à poser ce diagnostic, qui suppose la présence de manifestations depuis l’enfance.

Une femme assise sur son canapé en soirée, une tasse à la main, près d’un carnet ouvert, d’une horloge et d’un calendrier

Le traitement hormonal de la ménopause peut soulager certains symptômes ménopausiques lorsqu’il est indiqué. Il ne constitue cependant pas, en l’état actuel des connaissances, un traitement validé du TDAH.

Les chercheurs ne disposent pas encore d’essais cliniques permettant de savoir s’il améliore directement les symptômes du trouble ou modifie l’efficacité des médicaments stimulants. Toute adaptation doit donc être discutée avec un médecin.

Lorsqu’une femme avec un TDAH constate une aggravation inhabituelle de sa mémoire, de son attention, de son sommeil ou de son humeur autour de la quarantaine, la piste de la périménopause mérite d’être examinée. Ni le TDAH ni les hormones ne devraient servir d’explication automatique. Une évaluation globale reste nécessaire.

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